Avis de Passage

ce qu'on a à en dire...

23 octobre 2009

RIP

François: Je crois que ce blog est mort.

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31 août 2009

You did it!

François: "Je suis fier de toi".
Que se cache t il (ou pas) dans une phrase comme ça?

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26 août 2009

Getting on nerves

Isa : Bonheur, joie, énergie, soleil, optimisme, et autres dictatures.

François:
Durant l'année qui s'est écroulée..., je veux dire écoulée, j'ai été souvent bien content de passer une bonne partie de ma journée de boulot tout seul en tournée en n'ayant que quelques "bonjour" à prononcer par ci par là. Au moins, je n'avais pas à adapter mon humeur de surface pour paraître joyeux. Je dois dire que d'ordinaire je suis assez constant dans ma manière d'être (plutôt bienveillante) avec les autres. Je suis même apprécié pour ça. Mais chez moi c'est parfois juste une distinction que je fais entre ce qui me pèse et ma manière de porter (ou pas justement) ces difficultés en public. D'ailleurs ceux qui me connaissent vraiment repèrent eux très vite quand je ne suis pas en forme.

Alors, en effet, il est de bon ton, voire même obligatoire si on ne veut pas passer pour un fou, de s'enthousiasmer pour ce qui a été déclaré rigoureusement "bon pour l'Homme" par le Grand Ordre des Bien-Pensants et Associés. J'ai déjà exprimé mon point de vue sur le beau temps, qui pour moi n'est pas une bonne nouvelle lorsqu'il ne fait que me rappeler que je n'ai pas ce qu'il faut pour en profiter pleinement. Pour le reste, je suis un peu emmerdé. Car il y a peu de temps je me voulais encore optimiste et enthousiaste en toutes circonstances. Enfin, surtout je trouvais dommage de ne pas montrer le moindre signe de joie lorsqu'on est en présence de quelque chose que malgré tout on aime beaucoup (enfin, j'espère). C'est vrai, c'est un peu énervant les gens pour qui la visite d'un parking semble avoir le même effet qu'un tour en bateau à Ouessant. Donc, bon, un peu de vie dans l'expression, j'étais pour. Et je le suis toujours (oui, je n'ai pas l'intention de ne faire que des posts dépressifs maintenant). Maintenant, en effet, les recettes et conseils de merde pour apparaître comme quelqu'un de dynamique qui se joue des obstacles et qui ne se laisse jamais affecter par quoi que ce soit... c'est absurde.

Je préfère quelqu'un pouvant paraître triste et qui a des choses à dire plutôt qu'une personne super joyeuse qui refuse d'avoir un avis (car lorsqu'on a une opinion on s'expose à la déception; tôt ou tard). Ne pas passer son temps à "positiver" (gloups), ce n'est pas pour autant se complaire dans la mélancolie. C'est quand même nettement plus compliqué, riche, et même intéressant, que ça.

Isa: attention au contresens : prôner le droit à être triste, énervé, déçu, vaseux ou mélancolique, ce n'est pas se refuser le droit à l'enthousiasme ! Attends, j'ai jamais dit ça. Non ce que je veux pointer du doigt, c'est cette espèce d'interdit tacite, cette manie sociale très années 2000 qui consiste à voir la tristesse comme honteuse, "à cacher". (ah mais non, je vais très bien, je n'ai pas de problème, je suis quelqu'un d'équilibré, ma vie est heureuse, etc) - ce qui souvent est, au mieux une illusion de la part du déclarant, la plupart du temps un mensonge éhonté, just bullshit pour se défendre de la "honte" qui consiste à "aller mal" , être vulnérable, faible ou pire dépressif. (A noter par ailleurs qu'il n'est écrit nullepart qu'être triste est ne pas être équilibré. C'est plutôt l'inverse qui m'inquièterait.)

Pour moi, toutes les émotions font partie de l'homme. Elles défilent comme une animation climatique, de nuages en éclaircies au long de la journée, de la semaine, du mois. Naturelles et nécessaires comme le sont la pluie et le soleil.

C'est pourquoi je ne supporte pas le déni.

Or, je constate chaque jour combien il est de (très) mauvais goût d’afficher une émotion dite «  négative », quelle qu’elle soit. Colère, déception, dégoût, tristesse, mélancolie sont persona non grata dans notre époque dynamique, positive, basée sur la méthode coé, l’illusion et, plus grave, le déni (de souffrance). Il est très mal vu de dire qu’on ne va pas (alors s’aventurer à détailler ce qui ne va pas et comment ça ne va pas…attentat contre la pudeur) et en revanche, de très bon ton , au nom d’une discrétion qui semble avoir été déclarée de salubrité publique, de  « garder pour soi », « prendre sur soi », « ne pas polluer les autres avec nos problèmes ».

Combien de vos collègues de travail (bon, excepté le geignard de service, celui dont le mode d’expression est bloqué en mode plainte lancinante depuis des années, si bien qu’il s’y sent exister et que l’en priver serait dramatique) oseraient répondre non, à un ça va ? non, à un bon week end ? Combien se tordent d’un sourire laborieux, la plupart du temps réussi à force de conditionnement, alors que la figure intérieure exige, crie une grimace, une moue, une fermeture, un regard vague, perdu ?

Pourquoi, dès qu’on a une « baisse de régime », on nous balance le set : va faire un tour, vois des amis, sors un peu, fais une cure de magnésium, voire, quel « lunatique » celui-là ? Si le bonheur était accessible en kit, ça se saurait. Enfin, ça n'empêche pas les gens d'y croire et de se jeter sur le rayon fnac "optimiser sa vie en 15 recettes", et autres méthodes superficielles qui ne prennent pas en compte les racines profondes des freins au bonheur (la plupart du temps, issus de la petite enfance, très complexes et souterrains, nécessitant des analyses approfondies et des réparations par la thérapie). Ca me fait bien marrer. Façon de parler. Ca m'exaspère.

Les émotions sont des expressions vitales pour l'être. Je ne dis pas qu'il ne faut pas essayer de les soigner, d'aller mieux. Je dis qu'il faut d'abord les laisser vivre, s'exprimer; les accueillir comme signe venant de soi, reconnaître : ok, ça, ça ne va pas; ok, là, j'ai mal. S'accorder de pleurer si c'est ce qui vient.

Toute aggravation d'un conflit interne ou d'un nuage tristoune provient du fait qu'on a tenté de "couper" son apparition, sa manifestation. Certains sont très doués pour ça. Quelque chose m'embête, commence à m'atteindre dans mes émotions? Hop, fuite, hop, changement de sujet, hop, mise à l'écart. Pensant naivement s'en tirer comme ça, ils refoulent ladite émotion qui elle, tentera de "sortir" à nouveau par la suite, et ce, jusqu'à ce que ça dégénère si elle n'est point reconnue-cancer, tumeur, ulcère, etc.

Sois bien, sois mal, mais sois toi.

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19 août 2009

The place not to be

François: Top 5 des coins où j'aimerais pas habiter

1-Afghanistan
2-Irak
3-Corée du Nord
4-Chine
5-La Sarthe (again!)

spéciale dédicace au Ministre de la Communication marocain (je suis pas sûr de son titre) que j'ai entendu ce matin dire, tout énervé et sur un ton menaçant: "mais enfin, si! Au Maroc il y a énormément de liberté pour la presse, c'est pas possible, qu'est ce que c'est que ces histoires, qu'est ce qu'il vous faut?! On est déjà sympa, c'est mieux que les autres pays arabes, alors, hein, vous avez intérêt à pas trop la ramener parce que ça va pas aller". J'adore cette idée du "pas trop, trop vite" concernant les libertés individuelles...

Isa:  ouais, moi la Creuze, les rivières, les champs, l'odeur de la bouse et les oiseaux le matin, je dois être bizarre, j'aime bien.
Donc :
1/ rue d'hauteville, paris 10è.
2/le Nord de la france, par extension le Nord de la Loire, par extension toute contrée n'atteignant pas les 20 degrés au printemps.
3/les îles à palmiers, pareil, ça doit être l'ennui mortel
4/les Champs Elysées
5/l'asie des moussons (et toute combinaison pluie moustiques)

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17 août 2009

Il fallait y penser

François: Qu'est ce qu'une bonne idée?

isabelle: une bonne idée, c'est

-faire cesser la mode des robes de femme enceinte (robes boules, taille empire, et autres blouses bouffantes)

-faire descendre Paris un peu plus au sud

-faire monter des lacs et une mer à Paris

-interdire Paris aux voitures, et aux étrangers

-en fait, supprimer Paris

-installer des balançoires au bord des routes et des chemins, pour si on a envie de jouer un peu (quoi) (l'aménagement du territoire oublie tout le temps le ludisme et c'est pour ça que les gens sont sérieux et chiants).

-nettoyer toutes les rivières de france pour qu'on puisse s'y baigner comme nos grands parents.

Et sinon, je dirais qu'une bonne idée, c'est l'éclosion d'un fouillis de réflexions qui est arrivé à maturité, s'impose alors comme une évidence et produit une joie spontanée.

ou sinon :

François: Une bonne idée fait se rencontrer un ensemble de données disparates, et faisant plus ou moins sens pour nous séparément, dans un concept original et à l'efficacité instantée, ou du moins assurée.

Pas très poétique je sais. Mais je ne suis pas un poète.

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10 août 2009

Till death do us apart

François: Est-ce que quelqu'un connaît des filles (des "fillasses" comme dirait l'autre) qui depuis toutes petites rêvent d'un "grand mariage" comme dans toutes les comédies romantiques américaines?

isa: je ne jetterai pas la pierre à ça. L'union dont je rêve, si elle ne comporte pas robes et festins, du moins pas les mêmes, et à la lettre, est tout aussi idéale, forte, intense et à goût d'infini. Pour moi, voilà ce qui se cache derrière ces envies-là. Une soif d'amour véritable et sacré. Donc tu ne me liras pas railler ça. Ta quête d'âme soeur (la mienne, également), c'est la même chose.

François: Ouais ouais. Je n'avais pas en tête la question des "sentiments" derrière ça...

Isa: Je pense que les sentiments sont universels, archétypaux (cf un ancien post) et qu'ils "s'habillent" différemment d'une culture à l'autre, revêtant alors, de l'"extérieur", des formes apparentes pittoresques, variées, d'une civilisation, d'un groupe social à un autre. Une telle voudra 7 robes de tissus précieux pour chaque moment de la cérémonie; une telle ne jurera que par la blancheur de la robe, l'autre s'habillera d'écarlate. Pour symboliser l'union, un arc de fleurs couronnera le couple, etc. Tout au plus on peut s'étonner, s'amuser, être curieux de tous ces rites, qui, au final, ont à peu de choses près la même signification intrinsèque.

Mais euh, tiens : toi, ton mariage, tu le voudrais comment?

François: Bon, j'avais déjà traité ce sujet d'anticipation plus que fantaisiste dans un article ("Save The Date") l'an passé. Donc je peux dire que c'est un sujet auquel j'ai déjà pensé.

Déjà, première chose, pour moi le mariage a un sens. Parce que quand je ressens quelque chose, j'aime bien le montrer et "matérialiser" ça d'une façon ou d'une autre. Donc matérialiser l'amour par le mariage, ça me va. Mais ça peut se faire de façons différentes (autres que le mariage) selon la sensibilités de chacun. Moi je suis un peu à bloc quoi des fois. J'aime bien m'afficher en fait (c'est pour ça que je donne mon vrai nom sur mon blog).

En revanche putain, l'acte en lui même, le jour du mariage, moi je te réinventes la roue ce jour là. La fête oui! Le tralala de mes couilles non! Déjà, bien sûr pas de passage par une quelconque église; je ne rentre jamais dans une église (même pour les enterrements), donc c'est intrinsèquement impossible. "Et si la fille elle veut?" me réplique t-on souvent pour voir si j'ai réponse à tout. Et bien, je réponds qu'il est très peu probable que j'en arrive à vouloir me marier (et que ce soit réciproque) avec une fille qui aurait dans l'idée de se marier dans une église. Donc pas d'église, pas de costume (en tout cas pour moi) et uniquement ce qu'on a envie de faire profondément. Ce qui laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses. Surtout qu'on serait deux sur le coup.

Bon, et je dois dire que j'ai une très faible expérience en mariage... J'en ai très peu fait (2 ou 3). Donc j'ai bien tout à imaginer. En gros, une grosse fête ne ressemblant pas à un mariage, mais à une grosse fête. Mais si je veux faire une grosse fête avant de mourrir j'ai franchement intérêt à trouver un autre prétexte.

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27 juillet 2009

Dans la série "les gens"

François: Le badaud.

isa: ah, le badaud, un joli sujet. Le badaud, pour moi, c'est l'archétype du consommateur passif du XX-XXIè siècle. Celui qui a l'air cultivé parce qu'il va voir les expos conseillées par les grandes salles d'expo parisiennes, celui qui va voir les films conseillés par les  divers magasines de presse, répète en anonnant les diverses opinions répandues par les médias (présentateurs, animateurs, ou intervenants télé), relayant parfaitement l'opinion commune, la doxa, faisant ainsi office de merveilleux canal de circulation de ladite information à travers toute la population. Une sorte de maillon de l'immense téléphone arabe qui s'étale un peu partout. Le badaud a beaucoup relayé la mort de Michael Jackson, comme il avait relayé celle de Lady Di; il sait relayer les polémiques sur les effets néfastes des OGM, et du réchauffement climatique (vu que c'est LE topic diffusé par les medias en ce moment); il sait discourir sur l'alimentation et les 5 fruits légumes par jour; bref, le badaud, c'est un peu comme une immense vacance laissée disponible pour faire traverser l'information (ici il n'est pas question de donner quelque sens que ce soit au mot "information"). Un bon métal conducteur en quelque sorte. On peut tout lui faire dire, et répéter, sans craindre la moindre tentative de distorsion en direction d'une quelconque forme de réflexion personnelle, en cela il est très pratique au système consensuel. Passif, attentiste, il ne vit qu'en fonction de ce que maman média lui apporte, et comme elle lui apporte beaucoup, il bouffe, il bouffe, et par contre, quand maman arrête, il ne sait plus quoi faire. (imaginez une immense panne télé, DS, et internet).

Dit comme ça, ça fait inoffensif, le badaud. Mais nan : force lourde, force lente, représentant un bon 80 pour cent de la population, il est l'instrument terrible du système, parce qu'il est très difficile à déplacer, à contre carrer. Massif.

Putain, ça me déprime, parce qu'on est vraiment cernés, sans déconner.

L'erreur de jeunesse: tenter de le faire réfléchir ou avancer.

A mon avis, s'insérer dans tout ça et subvertir pour les quelques éclairés, only way out.

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26 juin 2009

le british style en force, ou comment m'énerver à moindres frais

1/ on se tient au juice?

2/ tu me forwardes le truc?

Liste complétable à merci

François: Oh yes... Et pourtant nous même aimons bien mélanger le français et l'anglais.

1/ oui, on prend un paper board, et on liste les plus et les moins de chaque cas

2/ J'attends le feed back, et on voit ça

Ouais, mais en fait, j'en utilise plus moi-même que quiconque... mais c'est des trucs à moi : )

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24 juin 2009

allez, un ptit top three

Isa:
Le top three des poncifs insupportables:

1/ on sait plus comment s'habiller

2/ bonjour, merci, le respect c'est important hein

3/ un ptit autographe sous le tampon hihihi

François:
j'en ai d'autres:

1/ oh, il ne dit pas grand chose, mais il en pense pas moins

2/ ouh la, beaucoup de courrier... enfin, tant que c'est pas des factures (ou "les factures, vous pouvez les garder...")

3/ Bon, on s'appelle, il faudra qu'on se fasse un truc ensemble. A plus.

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18 juin 2009

au goût du jour

Le matin, les candidats des séries L (littéraire), ES (économique et social) et S (scientifique) du bac général ont cogité sur des sujets comme "que gagne-t-on à échanger?", "est-il absurde de désirer l'impossible?" ou "le langage trahit-il la pensée?".

vous choisirez l'un des sujets et le traiterez en format blog : )

François: Bon, sans trop hésiter je choisis "le langage trahit-il la pensée?".

Mais je ne sais pas vraiment sous quel angle l'attaquer ce sujet. Se demande t-on si la mise en mots de ce qu'on pense entraîne inévitablement un distorsion du sens? Ou alors la question est elle de se demander si notre façon de parler, quoi qu'on fasse pour la maîtriser, laisse forcément transparaître celui que l'on est profondément? Ici, trahir aurait le sens de "révéler une vérité contre notre gré". Ouais, je suis moyen-chaud pour développer cette dernière hypothèse...

La première façon d'aborder le sujet me semble plus intéressante, et d'ailleurs certainement plus proche de ce qu'attendent les correcteurs (What's up?). Alors je suis bien placé pour dire que malgré l'extrême richesse de la langue française (et un peu anglaise), malgré la multitude de nuances possibles, il est en effet bien difficile de réussir à dire ce qu'on a en tête et d'être véritablement satisfait de ce que l'on raconte à moyen et long terme. Pour dire les choses clairement, une pensée ne peut pas selon moi avoir de transcription verbale vraiment fidèle dans le temps. Et je vois une raison principale à cela: une fois prononcée ou écrite, une phrase est figée. Elle a la forme qu'on lui a donné pour toujours. Au contraire, la pensée, elle, ne s'arrête jamais. Elle évolue en permanence, s'enrichie, de disperse, absorbe des éléments à droite à gauche... Du coup, à peine une pensée est elle formulée à l'aide du langage que la production verbale qui en découle est déjà obsolète par rapport à ce que l'on a désormais en tête. Car le fait de dire, d'entendre et de lire ce que l'on pense modifie déjà en soi notre état d'esprit, et donc notre pensée. Cela participe donc à l'impossible concordance de la pensée et du langage.

Vous savez, et vous l'aurez certainement remarqué, je passe énormément de temps à revenir sur des choses que a priori j'ai déjà abordé de multiples fois. Et pourtant il me parait très souvent important d'apporter des précisions, de redire les choses avec des mots différents... Car quoi que je dise, même si ça pète et que ça a de la gueule, peut-être que je ne suis jamais vraiment complètement satisfait de ce que ça donne. Parce que j'émets assez peu de jugements définitifs. Et que je continue de penser les choses bien après les avoir exprimées.

Dans tout ça le langage en lui-même n'y est pour rien. Car le langage n'est qu'une technique qui ne vaut que ce que l'on en fait. Certaines personnes basent toute leur existence sur des doctrines écrites une bonne fois pour toutes: elles ne se demandent pas si ces textes trahissent ou pas une pensée (enfin, si, mais pour elles de toute façon il n'y a qu'une pensée... le reste n'étant qu'hérésie). On peut réciter des choses apprises par coeur, parler de façon normative, et accepter cela comme l'expression de ce que l'on doit penser. Des millions de gens fonctionnent ainsi. Finalement, le langage ne va trahir la pensée que de ceux qui choisissent de ne pas toujours (et pour toujours) savoir ce qu'ils pensent. Sans oublier que bien souvent on choisit de dire des choses et d'en garder d'autres pour soi... donc volontairement on trahit notre pensée.

Le langage est donc une sorte d'instantané ou de sélection, là où la pensée est permanente, évolutive et globale. Il apparaît donc forcément à un moment ou un autre des contradictions et des problèmes de sens entre les deux. C'est bien pour ça que plus en en dit, et plus en se rapproche quand même d'une certaine vérité. Jamais parfaite il est vrai.

Posté par Francois et Isa à 19:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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